Philosophie générale
L’intitulé de cours « Architecture d’intérieur » fait référence à deux notions fondamentales pour la réflexion de l’étudiant : architecture et intérieur.
Elles constituent de toute évidence le fondement de la formation envisagée au sein de l’atelier.
« L’architecture » fait partie intégrante de la préparation de l’étudiant à l’architecture d’intérieur ; c’est l’homme dans son environnement, l’homme parmi les hommes, l’homme dans le monde, l’homme dans l’univers ou dans l’imaginaire.
« L’intérieur » implique tout ce qui touche à la vie « pratique » de l’homme, l’individu en tant que tel ou appartenant à un groupe, il est au centre de l’observation, de l’interprétation et de la création qui en découle.
L’étudiant sera donc amené à réfléchir sur l’homme qui du matin au soir ou du soir au matin, vit et interagit dans un environnement donné, à le remettre en question et à proposer des réponses créatives et pertinentes, à l’améliorer.
Pour chercher sa ou ses réponses, l’étudiant devra trouver l’information, se nourrir par la culture, la matière, la couleur, le mouvement, la vie, à mettre en relation des choses ou des personnes qui l’aideront à concrétiser un projet, quel qu’il soit.
L’atelier d’architecture d’intérieur devient alors un lieu d’expérimentation, de nourriture intellectuelle et pratique qui passe par la maîtrise d’un art.
Un lieu qui autorise la prise de risque et exige la mesure.
Cela afin de permettre à l’étudiant d’acquérir une formation complète qui lui permettra d’exercer au plus haut niveau de compétence la profession qu’il a choisie.
Il s’agit ici de s’interroger, de s’informer, de chercher, de décortiquer, de décoder puis de déconstruire, de construire et reconstruire personnellement mais aussi d’exprimer, de transmettre, de mettre en relation et de trouver son propre langage.
On ne se réfugie pas dans les mécanismes connus, on les redessine, on les démonte, on les réinvente, on les remet en question.
La fonction engendre la forme, la poésie la développe, et l’étudiant la personnalise.
Pour mener à bien un projet, l’apprentissage d’une méthode de base est nécessaire et l’étudiant devra, lui-même, développer sa capacité d’adaptation au travail demandé afin d’aboutir à une réflexion personnelle et complète.
Ne s’acquérant pas dès la première approche, l’évolution de la réflexion et du projet seront les principaux témoins de la capacité d’adaptation aux contraintes imposées à la fois par le projet lui-même et à la fois par l’équipe professorale.
Des projets peuvent avoir pour contrainte imposée, le prix ou la dimension, ou encore l’écologie,...
Divers exercices d’ampleurs différentes pourront être demandés au cours d’une année :
Projet à court terme afin de mesurer la créativité, la spontanéité et la rapidité d’action ou de réaction.
D’autres projets à plus long terme (un trimestre) au cours duquel l’étudiant sera amené à aboutir à une réflexion élaborée sur un sujet donné.
Ces exercices seront adaptés en fonction de l’année du cycle académique de l’étudiant.
Les projets seront au nombre de trois par année et devront avoir une approche plus approfondie de certains aspects demandés en fonction du thème de l’année ou des contraintes imposées.
Pour chaque projet, il est demandé aux étudiants de réaliser un dossier transversal.
Ce dossier transversal est une analyse, un recul demandé par rapport au travail fourni. C’est exprimer en quelques mots, quelques schémas-clés la ligne du projet. Ce qui en ressort. Cela participe à l’analyse critique – et donc l’acquisition d’un esprit critique - ainsi que celle d’une communication claire et synthétique.
Le dossier transversal est réalisé à la fin du projet mais présenté aux membres du jury avant les projets. Ce dossier permet à l’étudiant d’analyser son travail, d’en dégager les lignes conductrices conscientes et inconscientes qui l’ont mené à l’aboutissement.
Riche de cette analyse, l’étudiant pourra acquérir un regard différent sur son travail, un recul nécessaire à l’évolution, au questionnement et à la communication du projet.
Comment
Chaque année procède selon un fil conducteur qui sera considéré comme acquis au fur et à mesure de la formation. Les étudiants travaillent donc par « accumulation » ou « addition » des compétences durant les cinq années.
Ces « thèmes » feront l’objet de projets plus particulièrement orientés vers leur(s) contenu(s) afin de permettre une approche approfondie des différents aspects inhérents au métier d’architecte d’intérieur.
1ère Bachelier : Exercices et Initiation – Les projets évoluent en taille et en exigence graduellement au cours de l’année. Il s’agit de déceler, de développer et d’encourager la créativité de l’étudiant par une attention plus particulière, à sa demande, pas à pas.
2ème Bachelier : Volume et Matière – Intégration de cours de sculpture en atelier à la grille horaire afin d’établir un rapport concret à la matière et inciter à l’expérimentation des différentes techniques de réalisation. Expérimentation et processus d’apprentissage pour aboutir au projet.
3ème Bachelier : Couleur et lumière – Intégration de cours de couleur et d’un cours d’éclairage à la grille horaire afin d’affiner la connaissance et la pratique de ces disciplines, leur impact sur l’homme, l’environnement et les objets. Concrétisation des projets avec des exigences ciblées.
1ère Master : Mouvement et écologie – Intégration de cours de performance et arts du corps à la grille horaire afin d’acquérir ou d’aiguiser la perception de l’espace, les dimensions de l’homme. Développer l’esprit d’équipe.
2ème Master : Entreprise et équipe – Tout particulièrement suivi par le professeur responsable de l’atelier afin de préparer au mieux l’étudiant à la vie professionnelle. Relations internes et externes.
Concernant les thèmes donnés et les projets développés par les étudiants, un débriefing participatif après la remise des travaux et/ou dossiers sera fait systématiquement. Ceci afin de réorienter les projets pour répondre aux attentes des étudiants et/ou à combler les éventuelles lacunes constatées chez certains d’entre eux.
La fusion de l’ex « ESAPV » et du « Conservatoire » permettra sans aucun doute d’étendre la transversalité des ateliers à la transversalité des domaines.
Ayant pour but d’apporter une vision des pratiques artistiques aussi large et nourricière que possible aux étudiants.
Lors de l’énoncé du projet et pour la plupart des projets, des visites, des rencontres seront organisées afin de nourrir l’étudiant dans ses recherches et questionnements.
L’évaluation
Selon l’année d’étude, les critères d’évaluation évoluent logiquement, entre autres, selon les critères suivants :
L’acquisition de compétences et de connaissances définies lors de la présentation du projet à l’étudiant. La maitrise du cheminement et du résultat.
L’évolution personnelle de l’étudiant dans son travail.
La perception spatiale, le soin, l’expression graphique et verbale, …
Capacités et connaissances visées en fin de cycle
En fin de cycle, l’étudiant aura reçu une formation qui lui permet de répondre de manière personnelle et critique à un programme donné, une capacité d’analyse et de réflexion sur un projet, une connaissance des différentes façons d’y répondre et de le réaliser.
La réalisation d’un projet passe par la connaissance des matériaux, une collaboration avec les personnes indispensables pour le mener à bien. (Ingénieur, architecte, etc.)
Au cours des stages, il aura eu l’occasion de s’intégrer dans une équipe active dans le domaine choisi et par là, la capacité à collaborer avec les différents intervenants.
L’étudiant devrait donc pouvoir répondre à des problèmes spécifiques liés au projet.
Lors de participation aux concours, l’étudiant a acquis la capacité à présenter graphiquement et verbalement son projet.
L’expérience de terrain vient au fils des ans compléter sa formation pratique.
Créativité, souplesse, ouverture d’esprit, remise en question, vision globale d’un projet et vision détaillée du projet, collaboration, visualisation en 3 dimensions, faculté à apporter une réflexion nouvelle et personnelle à un problème technique précis.